Communication visuelle
Communication imprimée : le papier a-t-il encore sa place face aux écrans ?
Chaque année, des entreprises et des collectivités se demandent si leur dernière plaquette sera la dernière. Les enquêtes récentes donnent une réponse nuancée : le papier n'a pas disparu, mais il ne sert plus à tout. Voici ce qui justifie encore un tirage, et ce qui doit rester sur écran.
Un imprimé ne se referme pas d'un clic et ne disparaît pas sous les notifications. Il reste sur un bureau, dans un tiroir ou dans une boîte aux lettres, ce qui le rend difficile à comparer avec un post ou une newsletter. Pour une TPE, une PME ou une collectivité, la question utile est donc de savoir quels documents méritent encore d'exister sur papier.
Ce que disent les enquêtes récentes
Plusieurs chiffres circulent en 2025 et 2026, et il faut les lire avec leur contexte. Une enquête de Médiaposte, relayée par Two Sides France en avril 2025, indique que 43 % des répondants préfèrent recevoir les catalogues au format papier, directement dans leur boîte aux lettres. La préférence varie beaucoup selon le secteur : 32 % pour les offres alimentaires, mais 23 % seulement pour la mode. Autre enquête de Two Sides, publiée fin 2024 et reprise par Graphiline : 79 % des Français interrogés veulent pouvoir choisir entre papier et numérique pour recevoir leurs documents.
Côté résultats commerciaux, l'étude de Worldpanel by Numerator, dont les conclusions ont été présentées en juin 2026, a suivi neuf campagnes de prospectus diffusées entre septembre 2025 et février 2026 auprès d'un panel de 20 000 foyers. Les enseignes alimentaires concernées ont vu leur chiffre d'affaires progresser de 14 % en moyenne, et 26 % des acheteurs générés n'avaient jamais fréquenté le magasin auparavant.
Un bémol s'impose : ces travaux émanent de la filière papier ou de la distribution d'imprimés, qui ont intérêt à ce que le papier se porte bien. L'échantillon de l'enquête Médiaposte n'est pas publié, et l'étude Worldpanel porte sur la grande distribution alimentaire, pas sur une plaquette d'artisan ou un catalogue industriel. Ce sont des indices, pas des promesses de résultat.
Ce que le papier fait mieux qu'un écran
Une plaquette posée sur un bureau se retrouve trois mois plus tard, au moment où la décision se prend. Aucun algorithme ne choisit de la montrer ou non, et aucun onglet ne se referme. Un document imprimé répond aussi aux questions avant qu'on les pose : gammes, options, ordres de prix, objections entendues chaque semaine. Les rendez-vous commerciaux s'en trouvent raccourcis, et les vraies questions remontent plus vite.
Quels documents valent encore l'impression
- La brochure de présentation, qui se laisse après un rendez-vous et qui se lit dans l'ordre, en huit à seize pages
- Le catalogue, quand une centaine de références doivent rester lisibles page après page
- L'affiche, qui délivre une seule information à cinq mètres, en moins de deux secondes
- Les documents à conserver, comme un guide d'accueil ou un livret de collectivité
À l'inverse, un tarif qui change tous les mois ou une liste de références instable a peu de raisons d'être tiré à des milliers d'exemplaires. Le bon compromis consiste à construire une mise en page réutilisable, pour que chaque mise à jour se fasse sans repartir de zéro, et à garder une version écran allégée à envoyer par courriel.
Ce qui fait rater un imprimé
Un fichier refusé par l'imprimeur l'est presque toujours pour les mêmes raisons : aucun fond perdu, images en RVB au lieu du mode d'impression, résolution trop faible, polices absentes du fichier. Comptez 3 mm de fond perdu sur chaque bord et 300 dpi à la taille finale, sachant qu'une image prise sur un site en affiche souvent 72. Rien de tout cela ne se voit à l'écran, tout se voit sur le tirage, quand il est trop tard. C'est pourquoi un contrôle du fichier avant l'envoi et un bon à tirer signé restent des étapes à ne pas sauter, et pourquoi le cahier des charges de votre imprimeur fait foi.
Sources
- Two Sides France, le prospectus papier, toujours demandé par le consommateur (enquête Médiaposte, avril 2025)
- E-marketing.fr, le prospectus papier, un puissant outil de conquête client en 2026 (étude Worldpanel by Numerator)
- Graphiline, liberté de choix entre papier et numérique (enquête Two Sides, décembre 2024)
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