Compétences numériques
Compétences numériques : où en sont vraiment les Français en 2026 ?
Un tiers des 16-74 ans manque encore de compétences numériques de base selon l'Insee, pendant que le secteur du numérique reste l'un des plus tendus pour recruter en France. Un écart chiffré, entre illectronisme, usage de l'IA et besoins des entreprises.
Le numérique reste l'un des secteurs où les entreprises peinent le plus à recruter en France, avec près d'un projet sur deux jugé difficile à pourvoir en 2026. Au même moment, un tiers des 16-74 ans manque encore de compétences numériques de base. L'écart entre ce que le marché demande et ce que la population maîtrise mérite d'être regardé de près, chiffres officiels à l'appui.
Un tiers de la population en difficulté avec le numérique
Selon la dernière étude de l'Insee, publiée en février 2026 à partir de l'enquête TIC-ménages 2025, 34 % des personnes de 16 à 74 ans n'utilisent pas internet ou manquent de connaissances de base dans au moins un des cinq domaines de compétences numériques retenus au niveau européen. Parmi elles, 7 % sont en situation d'illectronisme complet : 5 % n'utilisent pas internet et 2 % l'utilisent sans disposer d'aucune compétence identifiée. Les 27 % restants ont des compétences qualifiées de faibles, avec des lacunes dans un à trois des cinq domaines observés.
L'âge reste le facteur le plus déterminant. L'illectronisme touche seulement 1 % des 16-29 ans contre 54 % des 75 ans et plus, avec une hausse progressive à chaque tranche : 2 % chez les 30-44 ans, 6 % chez les 45-59 ans, 17 % chez les 60-74 ans.
Quelles compétences sont vraiment mesurées ?
L'indicateur européen utilisé par l'Insee découpe les compétences numériques en cinq domaines : la recherche d'information, la communication, l'usage de logiciels, la protection des données personnelles et la résolution de problèmes. Tous ne sont pas maîtrisés au même niveau. La communication arrive largement en tête, avec seulement 6 % de la population sans aucune notion. À l'inverse, la protection des données constitue le point le plus faible : 22 % des 16-74 ans n'ont aucune connaissance dans ce domaine. L'usage de logiciels suit de près, avec 23 % sans aucune notion et seulement 56 % de niveau avancé, la proportion la plus basse des cinq domaines.
L'IA générative accentue-t-elle l'écart ?
La même enquête s'est penchée sur l'usage de l'intelligence artificielle générative. En 2025, 37 % des 16-74 ans déclarent l'avoir utilisée au cours des trois derniers mois. Le taux grimpe à 85 % chez les étudiants, pour qui l'apprentissage reste le premier motif d'usage et à 73 % chez les 16-29 ans. Il retombe à 9 % chez les 60-74 ans. Chez les actifs occupés, l'usage atteint 40 %, un niveau proche de celui des personnes en recherche d'emploi, à 43 %.
L'Insee relève un point qui mérite l'attention : l'IA générative profite d'abord à ceux qui sont déjà à l'aise avec le numérique. Plutôt que de compenser les lacunes existantes, elle a plutôt tendance à les accentuer, faute d'accompagnement pour les personnes qui n'ont pas encore les bases.
Côté entreprises, une tension qui ne faiblit pas
Ce déficit de compétences se retrouve directement dans les intentions de recrutement des entreprises. L'enquête Besoin en main-d'œuvre 2026 de France Travail place le numérique parmi les onze secteurs jugés prioritaires, avec 84 227 projets de recrutement recensés. Près d'un projet sur deux dans ce secteur est jugé difficile à pourvoir, à 49,5 %, l'un des taux de tension les plus élevés toutes filières confondues. Les profils les plus recherchés restent les développeurs, les data scientists, les experts en cybersécurité et les chefs de projet digital.
La compétence numérique ne se limite donc pas à la maîtrise d'un logiciel ou d'un métier précis. Elle recouvre aussi la capacité à protéger ses données personnelles ou à évaluer la fiabilité d'une information trouvée en ligne, deux domaines où les marges de progression restent, d'après l'Insee, les plus larges.
Sources
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